L'antre du silence enlumine la solitude;
corridas du langage.
Cri du solitaire errant au devenir des mots
dont l'idéal trébuche sur des chimères.
Quand les guignols agitent sur ton passage
leurs flambeaux de rire pervers,
quand les crieurs narcissiques du langage corrompu
tournent en dérision le poème,
quand les narcomanes d'images obscènes
tuent la beauté,
toi, marcheur solitaire,
maudissant leur ignorance
tu fuis la laideur.
Aspiré par l'espace
tu t'enlises à l'ombre des nuits,
oriflammes d'amours mortes.
Quand l'aurore assassine la nuit trompeuse
et que dans l'ombre de l'aube
s'estompe en bruine
un charnier de souvenirs stagnants,
quand la lumière chasse les monstres géants
et que le soleil levant happe tes tourments,
un vague rêve alors t'invite.
Le rouge et le jaune à l'horizon s'éclatent,
les marais brûlants s'illuminent,
l'herbe folle, devant toi, s'agite.
Au paroxysme de sa splendeur, le ciel
auréole les corridas de ton existence.
-JEAN CLAUDE-